Paroles, paroles...
Il y a du vent dehors, ça y est l'hiver est arrivé.
Je m'attends à avoir plus froid que d'habitude en sortant... et bien non, il faisait 28° aujourd'hui, avec effectivement et heureusement le vent pour un peu refroidir.
Ce fut donc lunettes de soleil et toutes fenêtres ouvertes, et dire que le temps s'était rafraîchi, les californiens pure souche ayant sorti le petit blouson...
Ce matin au bureau une nouvelle tête est venue me saluer, me voyant lui aussi pour la 1ère fois.
Ce monsieur d'un certain âge, indien, partageait lui aussi les locaux de l'incubateur.
Il a fait carrière durant de nombreuses années dans les technologies de pointe, entre Europe et USA.
Il a souhaité il y a 2 ans, se mettre au vert et revenir à ses premières amours de son enfance en Inde, l'agriculture.
Il a acheté plusieurs champs en Californie et cultive depuis 2 ans raisins de table et amandes en semi-industrialisé.
C'est le 2ème effet kiss-cool des USA qu'on peut observer dans plusieurs profils: les Américains changent de métier comme de chemise, ils suivent la mouvance du marché, leur envies, et l'argent.
Faut-il quand même avoir l'énergie, le savoir et les finances pour se permettre de "laisser tomber" son parcours universitaire et professionnel pour se lancer dans de nouvelles aventure en chemins de traverse.
Cependant, il m'a avoué que s'il était là, c'est que la technologie lui manquait et qu'il souhaitait y revenir...
Doug me rappelle que la semaine prochaine son courtier indépendant en assurances maladie vient sur site pour nous proposer à lui et moi ses plans.
En effet, Doug est dans le même cas que moi, ainsi que tous ceux du site: nous payons nous-mêmes en totalité notre couverture maladie, aucun employeur n'étant là pour nous la proposer en "bénéfit".
Le monsieur va venir nous présenter les produits, c'est bien beau, mais j'ai quand même un travail personnel à faire sur le sujet question de savoir de quoi on parle et de ne pas surpayer des services dont je n'aurais pas besoin.
En tant que bon commercial, évidemment qu'il va essayer de me refiler le produit qu'il veut lui et pas celui dont j'ai besoin.
Je reste, bien sûr, avec ma méfiance française en fonction des énergumènes rencontrés en France...
ici étant orientés service, peut-être aurais-je une bonne surprise...
Donc ce week-end, je n'y coupe pas, j'ai repoussé l'échéance trop longtemps, ça sera travail sur les couvertures santé.
Je commence déjà à demander autour de moi question d'avoir des pointeurs pour commencer : Blue Shield of California, Blue Cross of California, Oxford et Kaiser ressortent très rapidement.
Ca en fait pas mal déjà...
Le repas se fera dans un petit regroupement de commerces, à taille humaine, dans le centre de Los Gatos, dans un restaurant fast-food chinois. Ils me donnent un "chinese cookie", c'est le gâteau sec avec un petit mot dedans... Je suis tombé sur une platitude: "celui qui est dans le besoin cherche à manger; celui qui n'est pas dans le besoin n'a pas faim".
Je ne pense pas qu'il y ait un second degré, le message est adressé à un Américain de base quand même.
Je ne dis pas qu'il ne sont pas futés, je dis juste qu'avec eux, les choses sont simples: elles sont comme elle paraissent.
En tant que français, je me demande toujours qu'est ce que ça cache.
Et bien j'ai bien raison de me méfier!!!
A moins que je ne soit tombé que sur des personnes peu professionnelles, je trouve les Américains assez légers dans leur propos.
Rappelons l'épisode de la vendeuse BestBuy pour l'iPhone qui m'avait présenté les $500 de dépôt comme une avance sur paiement des factures, alors qu'il s'agissait d'une caution.
De même pour le vendeur d'AT&T qui avait payé ma facture en tapant la moitié des chiffres, j'ai dû refaire le paiement une semaine après m'en étant rendu compte par hasard.
Là je remarque que les chéquiers commandés à la banque m'ont coûté $24, alors qu'en catalogue ils sont à $15.
Pourtant, le banquier m'avait assuré qu'il me les faisait gratuitement.
Les Américains sont réputés pour faire des "contrats" oraux: exemple de Mike mon colocataire qui n'avait pas pensé au contrat écrit...
Respecter la parole est donc quelque chose d'important comme le respect de clauses de contrat, mais je remarque que, comme mon avocat marseillais le dit,: "les paroles s'en vont, les écrits restent".
Je crois donc que pour tout ce qui touche à mon porte-monnaie, je vais oublier les belles paroles et faire signer des morceaux de papiers.
Et là je pense qu'on va rire: ils ont tellement peur d'être poursuivi pour un rien.
Mais comment faire d'autres pour me protéger de personnages laxistes?!
Ayant travaillé depuis plusieurs années avec des anglo-saxons, j'avais déjà remarqué ce trait de comportement fort désagréable... néanmoins, les paroles n'engagent que ceux qui les croient.
Donc la semaine prochaine je vais devoir aller demander quelques explications.
L'après-midi sera consacré à revoir ma présentation de vendredi: il faut tenir 1:30 qui se transforment souvent en 2:30.
Steve vient m'interrompre en début de soirée: il doit délivrer un prototype au client demain, mais il ne sait pas comment faire, il bloque sur un point.
Doug entend et de son bureau lui crie de me sous-traiter la tâche: il faut bien des entrées d'argent... Finalement ça sera gratuit: problème réglé en moins d'une heure... il était ravi, il me paiera un bon resto.
Je rentre, il est 20h et ne tarderait pas à aller me coucher!!
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