bureaucratrie...
La journée a commencé sous des trombes d'eau, et se finira d'ailleur de la même manière.
Pourtant, il ne fait pas froid, sauf pour les californiens de souche qui étaient frigorifiés et auraient préféré rester sous la couette.
A noter que la pluie ne semble pas les déranger plus que ça au volant, ce qui me préoccupait tout particulièrement car déjà que je trouve leur conduite dangereuse et incivique par temps clair, là c'était vraiment l'angoisse.
Ce n'est d'ailleur pas pour rien qu'il y a des bouchons, non pour le temps, mais pour les accidents qui sont quasi systématiques.
Pourtant, le code de la route US est très clair.
Je pensais que les Français était très dangereux sur la route et prenaient leurs aises avec le code de la route, mais finalement étant confronté à d'autres coutumes, je pense qu'on le respecte plus que ce que je pensais.
Les journées seront désormais consacrées en grande partie à la chasse au contrat.
Je ne rentrerai pas dans ces détails et resterai sur les anecdotes liées aux US et à ses habitants.
Le facteur est passé en me laissant plusieurs lettres et colis.
Le colis est une boîte de BofA (lire Bank of America) contenant les chéquiers: ils sont livré par 5, on peut faire les réserves comme ça.
Presque tout est payé par téléphone, par internet ou carte de crédit/débit, donc pourquoi gaspiller autant de papier?
Dans les lettres se trouve par retour de courrier ma carte d'immatriculation au consulat en tant que français dont la résidence est hors de France, ainsi qu'une attestation.
Chose amusante, ils m'ont renvoyer tous les papiers que j'avais fournis ainsi que la photo d'identité qui a été numérisée pour la carte d'immatriculation.
J'aurais pensé qu'ils auraient tout gardé pour ouvrir un dossier, j'eus connu l'administration française très friande de papiers en tout genre...
J'ai aussi reçu le refus pour une carte de crédit pour la société.
C'est pas très décevant, je le voyais venir gros comme une maison.
Mais ils m'informe que j'ai droit à un credit-report gratuit.
C'est fort sympathique mais que m'apprendra-t-il de plus que ce que je sais: qu'il est nul?
J'ai reçu un courrier m'indiquant que j'avais été pré-approuvé pour une carte de crédit avec une ligne de crédit de $500.
C'est bien: alors j'y ai droit ou pas: il faut savoir?!
Quelques jours auparavant une demoiselle m'avait appelé se présentant comme l'enquétrice de BofA pour valider ou pas la carte de crédit.
Elle m'avait dit qu'elle ne pouvait pas l'approuver, mais qu'elle pouvait me proposer un produit "secured credit card" avec une ligne de $500 de sorte à consituter le credit-score.
Je supposais que ce document était la suite de cette conversation.
Mais à aucun moment n'est apparu sur les documents le nom de Bank of America: j'étais sceptique.
J'irai dans la journée à la banque leur demander de valider (ou pas) l'authenticité du document.
Je recevais aussi une lettre d'AT&T m'indiquant qu'au vu de mon credit-score nul, ils devaient me demander une caution de $500 pour l'iPhone. Il s'agissait du document écrit officialisant l'épopée vécue la semaine d'avant pour obtenir l'iPhone.
J'allais donc voir ma facture sur internet afin de voir si les $500 apparaissaient.
Oui ils étaient bien là, avec une facture de $110 à payer avant les 20 Novembre. Je n'étais pas très content, en plus des $500 je devais payer encore?!
La vendeuse de BestBuy m'avait présenté ces $500 comme une avance sur règlement, alors que là il semblait que ça soit réellement une caution au sens français du terme.
Mais ils allaient en faire quoi de ces $500, les garder indéfiniement jusqu'à la résiliation?!
J'irai dans la journée au magasin AT&T à côté du Starbucks pour demander quelques explications.
Je sens que ce credit-score va encore me poursuivre pendant très longtemps!!!!
Je me décide d'apeller le numéro pour prendre rendez-vous pour le test de conduite.
Il s'agit d'un de ces système où on doit parler pour donner les informations.
Je me prête volontier au jeu: problème, mon accent et ma mauvaise prononciation ne passe pas.
J'aurais bien essayé avec un paquet de chewing-gums dans la bouche, je suis sûr que ça aurait mieux marché, mais je n'en avais pas.
Donc essai infructueux.
J'essaye avec l'enregistrement par internet.
Je ne sais pour quelle raison, mais mon application ne peut pas être prise en compte par internet.
Pourtant tous les champs avaient été rempli avec les bonnes informations.
Dernière solution: direction le DMV.
Je rappelle qu'il pleut à seaux.
Je commence à connaitre les locaux, le guichetier me dit d'appeler le numéro de téléphone.
Je lui explique la situation: il me donne un numéro, 20 minutes d'attente. C'est un peu comme la Poste en France... pas pressé, on ne sait jamais qu'on puisse se fatiguer.
Je plaisante, nos postières françaises sont très sympathiques, comme les dames du DMV.
Je remarque en attendant comme le corps est quand même impressionnant: il arriverait presque à s'étirer à l'infini, peut-être jusqu'à ce que les os cèdent.
Vous l'aurez compris, j'avais devant moi des spécimens d'obésité US: c'est très simple, je n'avais jamais vu ça en France, et pourtant j'habitais à côté d'une clinique d'amaigrissement...
Ca y est, mon numéro est appelé, une dame très souriante (et encore plus quand elle a entendu que j'était français) m'a trouvé un RdV pour jeudi 14h: j'ai beaucoup de chance, d'habitude il faut attendre 30 jours...
Recommendations d'usage pour passer le test dans ma voiture, et hop bye bye sous la pluie.
Je méritais bien un vrai café (espresso) au Starbucks...
Ce fut ensuite les explications avec AT&T. Ils ont rapidement vérifié la facture, m'ont expliqué que les $500 étaient un dêpôt de garantie qui me sera rendu au bout de 12 mois (quand même...).
La facture correspondait au forfait, plus des frais d'activation de la ligne, et des taxes.
C'est quelque chose que j'avais déjà remarqué, les prix annoncés ne sont pas les prix payés: il y a toujours diverses taxes à rajouter.
De manière générale, en Californie pour les biens c'est 8%.
Je paye la facture par chèque.
Le Monsieur prend mon chéquier et appelle un numéro: il vérifie quoi encore?! Ca devenait vraiment pesant!!
En fait je payais par chèque, mais sans chèque: il utilisait juste le "routing number" et mon numéro de compte bancaire.
J'appelerais ça plutôt un virement bancaire.
Sans signature, sans rien, juste comme ça en siflottant.
Je comprends qu'il ne faut pas que je laisse trainer mes chéquiers!!!!!
Et en plus avec la quantité qu'ils m'ont envoyée, ça n'aide pas!!
Effectivement toutes ces facilités de procédures de règlèment peuvent aider, mais je les trouve un peu laxiste.
Pas étonnant qu'il puisse y avoir autant de fraude, de vol d'identité, ...
Le mot de la fin pour cet épisode est que ces moyens de paiements doivent absolument être dans un lieu sécurisé.
Maintenant direction la banque pour vérifier le papier reçu pour la carte de crédit.
J'en profite pour aller faire de l'essence.
Incroyable: un plein de $50 (env. 40EUR) a tenu une semaine pour 350 miles (env. 550km) environ. Et dire qu'à Nice je devait faire dans les 50km par semaine...
La voiture est vraiment un budget aux US!!
La semaine dernière, le pompiste m'avait montré comment utiliser la pompe, cette semaine c'est à mon tour avec les travaux pratiques, et sous la pluie...
Ce ne fut pas très glorieux, mais je m'en suis sorti (y avait-il le choix?).
Ca sera mieux la prochaune fois...
A la banque, attente interminable dans le petit salon, à leur décharge il y avait beaucoup de monde.
Une demoiselle est quand même venu me demander de quoi j'avais besoin (je n'imaginais pas un guichetier français se préoccuper d'un client qui attend depuis "trop" longtemps... je remarque de nouveau que le client est vraiment bien considéré, toujours orienté services).
Dès qu'elle a compris que j'étais français, j'ai été servi dans l'instant.
Il semble que les français aient bonne réputation: il ne tient donc qu'à nous qu'elle perdure!
Le courrier venait bien de BofA bien que rien ne l'indique.
Il s'agit en fait d'une filiale qui s'occupe de dossiers à risque.
Une signature et la demande est traitée: je reparts avec en plus des explications juste à attendre de recevoir la fameuse carte de crédit, personnelle.
Oulala, j'allais oublié de passer par AAA pour me renseigner pour une assurance locative.
Et oui, qu'est ce qu'il se passe si je met le feu à la maison?
Autant de scénarios possibles auxquels il faut penser pour pouvoir se mettre à l'abri: je rappelle que tout le monde poursuit tout le monde ici...
Tous mes scénarios rendent chèvre la pauvre Tonya (je commence à bien la connaitre, elle m'avait déjà vendu l'assurance voiture).
Elle me donne un fascicule expliquant ce qui n'est pas couvert: ça fera de la lecture avant de dormir comme ça.
De manière générale, tout est couvert à hauteur de $15.000 pour les biens personnels (sans justificatifs, juste en déclaratif) quelque soit l'endroit où je me trouve, et $500.000 pour les biens d'un tiers.
C'est leur assurance phare en location et la plus complète qu'ils aient à me proposer: $150 par an.
Pas besoin de faire le coup de "je vais y réfléchir": embarqué c'est pesé.
Par contre innondation et séismes ne sont pas couverts: je comprends qu'en Californie ils ne couvrent pas une situation d'apocalypse.
Si j'avais voulu, j'aurais pu la prendre pour une surprime de 100%.
Je paye une partie et demande que la facture du reste soit envoyé pour être réglé par carte de crédit: quand je l'aurais reçu de sorte à ce que je commence à faire le credit score.
La journée s'achève, il ne pleut plus. Direction San José: c'est pas mal je suis à contre courant des flots de voitures, d'habitudes les gens travaillent à San José et rentrent en "banlieue" vers Los Gatos, Campbell, ...
Donc la route est assez rapide, hors accidents.
Les ralentissement sont aussi du aux gens qui aiment regarder les accidents: je ne vois pas le plaisir.
Par contre les camions de pompiers sont très beaux tout lustrés et étincelants.
D'après le code de la route, je ne suis pas sensé regarder les camions de pompiers non plus...
Quand je vois un accident sur le coté opposé et les miles de voitures arretées derrière, je pense à "l'aile du papillon"...
Ce soir, Mike me montre comment se servir de la machine à laver.
Ce fut un grand moment aussi, surtout en dépense d'eau et d'électricité.
Bien qu'il fasse soleil tout le temps, machine à laver et sèche-linge vont de pair.
Le cycle de lavage est de 15 minutes: ça lave en 15 minutes?!
Ils doivent avoir ici des lessives avec des enzymes particulièrement voraces!!!!
J'ai 3kg de linge à laver, mais s'agissant d'une machine de 10kg, on va quand même faire comme si ils'agissait de 10kg: en fait soit les américains changent de vêtement 4 fois par jour, soit ils font une machine par mois.
Le tambour n'est pas vertical comme sur nos machines, mais horizontal.
La procédure de Mike est de commencer par faire des bulles en remplissant le tambour avec de l'eau et de la lessive.
Ensuite on y met le linge, on ferme le couvercle puis on lance le cycle.
Un ami américain en poste à Nice m'avait dit un jour qu'il ne comprenait pas comment les machines à laver françaises pouvaient laver le linge car il ne voyait pas l'eau dans le tambour.
Il avait effectivement raison, j'avais par la suite remarqué la même chose... Maintenant je comprends sa réflexion: ici aux US on peut voir l'eau... et son gaspillage... 15 minutes plus tard, hop dans le sèche-linge pour 45 minutes:
c'est économique, il y a la fonction arrêt automatique par mesure de l'hygrométrie dans le tambour.
Economique: c'est ironique, je n'imagine même pas la note d'électricité. Je le saurais bien assez tôt car je paye la moitié des charges...
Il est tard, bonne nuit.
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