Mercredi 20 Août 2008
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FRANCE SERVICE : QUESTIONS-REPONSES

Question: Je me suis marié aux Etats-Unis il y a 3 ans et j'ai un petit garçon de 2 ans. Avant mon mariage, j'avais acheté une maison qui vaut à peu près 500 000 $ dans laquelle nous habitons. Bien sûr, cette maison est à mon nom et j'aimerais, s'il m'arrive quelque chose, que cette maison aille à ma femme. Je veux qu'elle soit tranquille matériellement si je viens à disparaître. Pouvez-vous me dire ce que je dois faire?

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Réponse: Les lois sur l'héritage aux Etat-Unis sont vraiment différentes de celles de la France. Entre autres, la loi française privilégie les enfants beaucoup plus que le conjoint. C'est le contraire aux Etats-Unis où le conjoint est prioritaire et les enfants peuvent être totalement deshérités.

La loi est en général en France beaucoup plus codifiée et rigide qu'aux Etat-Unis. Napoléon et notre esprit cartésien est passé par là. En France on peut prévoir des dispositions testamentaires mais dans un cadre précis. Aux U.S. il est encore plus important de prévoir sa succession en toute connaissance de cause et bien des solutions sont souvent offertes.

Nous avons demandé son avis à Mathew Goldsby qui est avocat spécialisé dans le droit des successions. Il propose 5 solutions avec leurs avantages et inconvénients. 1) Ne rien faire. Dans ce cas, l'épouse héritera de la maison seulement s'il n'y a pas d'autres héritiers. Dans ce cas, il y a un enfant. De plus le concept d'héritiers peut être vaste et les solutions compliquées. Ensuite il y aura un" probate" qui est toujours une procédure à éviter.

2) Changer le titre de propriété et mettre votre épouse comme "joint tenant". Cela peut se faire en faisant enregistrer un "quitclaim deed". C'est facile et peu couteux. L'avantage est que le survivant aura la propriété entière sans "probate" .

Il y a pourtant plusieurs inconvénients:

• d'abord, elle ne sera probablement pas exemptée d'impôts sur le "capital gain" lorsqu'elle vendra la maison après la mort de son mari.

• Ensuite ses héritiers à elle (par exemple son fils) ne pourront pas bénéficier complètement de la franchise de droits de succession (actuellement 600 000$) à laquelle ils auraient droit car c'est le montant total du prix de la maison qui sera compté dans sa succession à elle. Il suffit qu'elle ait 100 000$ elle même et la franchise (500+100) sera comblée.

3) Changer le titre de propriété en mettant votre maison en "community property" pour vous et votre épouse. Pour cela aussi il suffit de faire comme précédemment un "quitclaim deed". L'avantage est que le survivant aura la maison entière sans "probate" et n'aura pas, cette fois, de "capital gain" à payer si elle vend la maison.

Il y a le même inconvénient que dans le cas précédent concernant la franchise de taxe. Petite remarque, en cas de divorce, la propriété sera commune également.

4) Faire un testament. En bonne et due forme pour qu'il n'y est pas de constestation possible. L'épouse aura la maison et évitera les taxes sur le "capital gain" si les dispositions nécessaires sont prévues.

Le gros inconvénient est qu'un testament doit subir un "probate". A éviter.

5) Faire un trust. C'est un instrument très utilisé dans les pays anglo-saxons et parfaitement inconnu dans le droit français. Le titre de propriété est transféré à un "trustee". C'est en quelque sorte comme si il n'y avait pas d'héritage puisque la propriété ne sera plus celle du défunt. Il suffit, à l'intérieur de ce trust, de mettre toutes les dispositions que vous voulez et elles seront exécutées. Avec une combinaison de "community property agreement" vous éviterez les impôts sur le "capital gain" et conserverez les privilèges des franchises de taxes pour chacun. C'est un instrument très souple et il y a toujours un trust qui vous convient.

Le seul inconvénient c'est que c'est une solution plus couteuse car il faut créer l'entité du trust. Cela a aussi l'avantage si le conjoint survivant n'est pas Américain de "retarder" les inconvénients de la loi TAMRA, qui oblige à payer un maximum de taxes, jusqu' au moment où le survivant sera devenu Américain. Mais ceci est encore une autre question.

En résumé pour vraiment bien choisir, il faut faire une étude précise du montant de l'ensemble de la succession, des désirs exacts de ce que l'on veut obtenir, de sa situation civile et choisir entre les avantages et inconvénients de chaque méthode.



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