Pamplemousses et super-marché

La découverte de l'Amérique par un gagnant de la loterie de la carte verte aux USA

Pamplemousses et super-marché

Le temps baudelairien ne m'incite pas à mettre un pied dehors: un coup il pleut, un coup il ne pleut plus, avec de gris nuage dans le ciel.
Le temps, bien que frais, est plus doux que les quelques jours auparavant.

Finalement à force de tourner en rond dans l'appartement, certes fort sympathique, je décide d'aller faire un tour à CostCo pour changer d'air... tout en restant au chaud!

Mike a passé le week-end à (enfin) prendre un peu de repos, mais décide de mon départ pour lui-même partir au bureau ayant fini par culpabiliser.
Je pensais y faire un simple tour sans rien acheter, finalement j'ai pris un caddie trempé par la pluie... mais qui a finalement vite séché à l'intérieur bondé de monde.
Les articles de Noël devenaient rares, ils commencent à s'en débarrasser les fêtes approchant.
Ici le "Père Noël", s'appelle "Santa Claus" souvent raccourci à leur habitude en "Santa" qui ne veut rien dire en soi.

La langue anglaise compte 1 million de mots, soit 3 fois plus que le Français, mais ils se sentent toujours obligés d'en rajouter.
Un mot créé de toute pièce par exemple est le "U-turn", était-ce bien nécessaire de le créer?
Ils semblent fort en néologisme qui ferait bondir n'importe lequel de nos Académicien.

J'en profite pour acheter un cadeau de Noël à Mike, c'est le genre de petite attention qui se fait, même si en retour je sais que l'individualisme US qui l'a marqué fait qu'il ne lui traverserait jamais l'idée de penser à une petite attention... bref, les petits cadeaux entretiennent l'amitié, surtout lorsqu'on a un réseau social à rebâtir!
J'ai trouvé un petit coffret composé de 2 lampes de poche style "Maglite" et d'un petit couteau (je sais: les couteaux ne s'offrent pas! je lui demanderai $1...) de marque "Snap-On", équivalent US de notre fleuron national "Facom".

Je me dirige maintenant vers les primeurs car j'ai vu dans le caddie du voisin du rayon qui me criait "mange-moi".
Finalement en y regardant de plus près je trouvais que les grains ne semblaient pas très frais...
Je me suis rabattu sur des pamplemousses vendu par lot de 4 en filet pas très solide.
J'avais acheté la dernière fois ici des oignons qui faisaient la taille de pamplemousses français en me demandant donc quelle serait la taille des pamplemousses US.
J'avais ma réponse à en faire pâlir de jalousie Lolo Ferrari.
Ils pèsent pièce 1.1kg dont 400g de déchets.
En effet, une fois rentré à la maison, j'ai pris mon "goûter" en m'offrant un pamplemousse.
L'éplucher à la main, il faut oublier!
J'ai donc décider la méthode de pelure à vif à l'aide d'un couteau de boucher.
Je coupais mais il restait toujours du blanc jusqu'à enfin découvrir la chaire rosée ferme et peu juteuse...
jusqu'à retirer presque 50% du poids (il en faut des coups de couteau!). Une fois le fruit pelé, j'ai découpé des tranches dégustées devant la TV: 600g de pamplemousse cale bien!

Comme tous les produits US, le goût est subtil pour ne pas dire inexistant alors que la plastique est quasi parfaite.
Le blanc qui restait par endroit n'avait simplement aucun goût, alors qu'en France il est très amer.
La peau entre les quartiers étant toujours là, vu la manière choisi de le découper, n'était pas désagréable et faisait que la mastication devait être très efficace à en avoir mal aux mâchoires au bout des 600g.

La prochaine fois je saurais qu'il fait absolument en extraire les suprêmes, amenant probablement la partie consommable à 550g.

La quantité recommandée de fruits et légumes par jour selon notre publicité en France est de 5 (5 portions de 80g)... très vite atteinte en produits US!

Je continue mon tour dans les rayons et arrive sur les fromages.
Je remarque encore un de ces grossiers personnages qui font légion ici: il ouvre tous les camemberts (lire morceau de plâtre) pour les toucher.
Au rayon des petites voitures, tout à l'heure, un autre voulait absolument voir le modèle du bas de la pile: il l'a simplement tiré faisant inévitablement tomber toute la pile.
Du personnel est là pour tout ramasser tout le temps faisant face à ce genre d'énergumène, des baffes se perdent!

Donc au rayon fromage plusieurs produits étaient étiquetés avec le drapeau français... je me suis fais avoir une fois, je sais qu'il ne faut surtout pas acheter!
Un produit est 100% français: le comté en emballage strictement identique à celui français avec un sticker apposé pour la conformité US: le prix s'en ressentait aussi!
Le "Boursin" avait beaucoup trop d'inscriptions en anglais pour être honnête...
Le parmesan pas mauvais à $12 la boite quand même. J'ai dû jeter le mien à contrecoeur ce matin, une fois ouvert il faut le conserver au frigo, ce que j'avais oublié de faire, il commençait dont à moisir: j'étais très mécontent!
Je ne pense pas que la moisissure de parmesan soit très nocive, mais psychologiquement j'ai du mal.

Puis j'arrive au rayon des "Jack cheese" (spécialités ou horreur fromagère US) avec un fromage de chèvre enrobé de confiture de cranberries.
Il mettent les cranberries à toutes les sauces, ça ne m'a donc que peu étonné, et savait que le mariage pouvait être pas mal: je l'ai donc acheté directement sans me poser de question.
Effectivement, étant d'origine Corse, les fromages forts, surtout de chèvre, se consomment avec de la confiture de figue pour en adoucir le goût, le concept ne m'était donc pas du tout étranger, voir même une très bonne idée.
Le fromage de chèvre était sans goût: très déçu.

Comment font-ils du fromage de chèvre sans goût alors que le lait de chèvre est par définition corsé!

En quittant CostCo, je passe devant le rayon des viennoiseries, je repense aux madeleines dont Eliane m'a vanté les mérites.
Finalement je craque pour des petits pains style croissant à la frangipane.
Ils recommandent de les réchauffer, ce que je fait volontiers pour affirmer le goût de la frangipane... sans goût.
Je m'attendais à un goût d'amende amer, même subtil: et bien aucun goût de frangipane: juste la plastique et la belle présentation.

Leurs ingénieurs agronomes doivent plancher dur pour réussir à modifier génétiquement les produits pour les rendre superbe, et sans goût.
Mike a résumé ce que l'Américain moyen attend d'un produit: gras et sucré.