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Le
fonctionnement de la Justice aux U.S.A.
Laissez-moi commencer
mon histoire par une petite scène de la vie quotidienne
aux Etats-Unis: Bob et Leslie sont charmants. Nous nous
sommes rencontrés il y a quelques mois chez des amis
communs, et depuis nous nous voyons régulièrement.
Un beau jour, un frais dimanche de printemps, je suis invitée
à naviguer sur le petit voilier qu'ils possèdent
depuis plusieurs années. Pique-nique et bon vin rouge
sous le bras, je me présente donc à l'endroit
indiqué et les retrouve sur le port. Nous sommes
plusieurs, c'est très sympathique. Au pied de l'échelle,
Bob s'arrête et sort tout un paquet de feuilles, en
distribue une à chaque invité et nous demande
de la signer avant de monter sur le bateau. C'est un document
sur lequel il est expliqué qu'en cas d'accident,
Bob et Leslie ne seront pas responsables et qui s'appelle
décharge de responsabilité. Je suis stupéfaite
de ce manque de confiance. Ce n'est que bien plus tard que
j'apprendrai qu'un de leurs meilleurs amis, s'étantblessé
sur le bateau, leur a fait un procès qui leur a couté
toutes leurs économies. C'est comme cela que je me
suis heurtée pour la première fois au monstre
qu'est la justice américaine et nous sommes nombreux
à ne pas comprendre cette mentalité.
Le deuxième
choc vient lorsque l'on a affaire à des avocats.
Ce n'est pas que les avocats en France jouissent d'une excellente
image. Un sondage de la SOFRES a révélé
il y a quelques années que les Français plaçaient
leur avocat à l'avant-dernier rang des professionnels
en qui ils ont confiance. Mais la surprise aux Etats-Unis
est d'un autre ordre
La différence
essentielle est que ll avocat américain est avant
tout un homme d'affaires, alors que l'avocat en France est
ce que l'on appelle un "auxiliaire de justice". Cela veut
dire qu'il participe à un service public pour le
bien de tous, la justice. Cela est bien illustré
par le fait qu'au cours d'une audience dans un tribunal
en France, et en cas d'absence d'un des juges, un avocat
peut être appelé à compléter
le tribunal. De même, il porte une robe qui le distingue
et l'identifie comme auxiliaire de justice, et qui est du
même module que celle portée par un magistrat.
Toujours en raison de cette conception, l'avocat n'est pas
soumis aux règles des commerçants, il ne peut
pas se mettre en société commerciale ni faire
de la publicité. En théorie, tout cela existe
afin de garantir que l'avocat remplisse sa mission de justice
et ne se transforme pas en marchand de droit obéissant
à des intérêts privés.
Aux Etats-Unis rien
de tel. L'avocat n'a pas de mission particulière
pour le bien de tous. Il ne porte pas la robe et se présente
devant le juge en costume de ville. Dans certains tribunaux,
il a même un temps de parole limité et lorsque
celui-ci est expiré, cela lui est indiqué
par une lampe rouge qui s'allume au dessus du tribunal.
Son cabinet est un business comme un autre et il peut faire
de la publicité. Les avocats ici le font très
couramment. Vous l'avez sûrement remarqué dans
France Service, et sur tous les supports possibles et imaginables,
du panneau au banc de bois dans la me.
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