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La rencontre avec un Américain(e) commence
par un examen. Afin de réduire l'ambiguïté
au maximum, la première rencontre ne doit pas être
le coup de foudre, ni l'attirance ru l'alchimie irrésistible.
Pour miser le risque, l'Américain se sent plus confortable
en commençant par vous poser toutes sortes de questions.
La première, qui vous élimine définitivement
ou vous permet de continuer, est la question clef "Etes-vous
marié(e)" ? Même si vous êtes séparé,
le mariage étant une institution sacrée (bien
que très facilement réversible), vous êtes
"out" si vous avez la bague au doigt.
Ensuite viennent les questions sur votre statut
social: "Où habitez-vous?". Il y a les quartiers
où l'on peut habiter et les autres. Si vous vivez
à New York, soyez à Manhattan, upper east
side; si vous habitez L.A. ne soyez qu'à l'ouest.
Vous aurez droit aux détails sur le nombre de square
feet, le nombre de salles de bains. Bref toutes précisions
permettant d'évaluer votre train de vie. "Quelle
voiture conduisez-vous ?" sera la question suivante. Si
vous êtes dans la tranche des Mercedes et BMW, vos
chances augmentent sérieusement. Les Américains
ont besoin de toutes ces indications pour estimer votre
valeur en tant que partenaire potentiel. Il est important
de savoir ce que vous valez, ce que vous êtes. Pourquoi
perdre son temps ? Ils ont en général lu 50
bouquins expliquant comment obtenir ce que l'on veut. Ils
ne sont donc pas disponibles et ouvert à la découverte,
à l'aventure et au mystère. Donc si vous avez
une "date", comme disent les Américains, arrivez
avec votre curriculum vitae, des lettres de référence
et votre check up médical ! Oubliez le romantisme
! Mais à propos, vous avez dit "date" ? Qu'est-ce-qu'une
"date" ? C'est quelque chose qui n'existe pas en France
et que nous avons du mal comprendre. C'est la rencontre
avec quelqu'un d'autre dans le but de voir s'il y aurait
la possibilité d'un rapport amoureux. Chacun est
donc prévenu de l'intention de l'autre. En dehors
des "dates", pas de salut! La foudre ne doit pas tomber
n'importe ou et n'importe quand!
Le regard est pour nous très important
dans le jeu de la séduction. Ici, il faut voir sans
regarder. Les Américaines qui font tellement d'efforts
pour être attirantes, séduisantes, ne supportent
pas qu'on montre qu'on les regarde. Du moins dans leur pays
car apparemment elles adorent le regard des Européens...en
Europe. En Amérique, il ne doit rien se passer dans
le regard. Le regard est violence. Elles ne comprennent
pas quand on ose les regarder. Le premier échange,
en une seconde, leur est complètement étranger.
Quel est celui d' entre nous qui n'a pas été
surpris, en arrivant en France, de sentir le regard des
autres. Comme si soudain on existait...
Par contre, il faut sourire. Encore et toujours
sourire. Ce qui est souvent beaucoup plus agréable
dans les rapports journaliers avec les serveurs, les vendeurs
etc.... mais fatigant à la 1ongue de la part de tout
le monde. Cela devient un masque, une politesse. On aimerait
parfois ne pas avoir le sourire, mais qu'il se passe quelque
chose. Quelque chose de vrai. Cette fausse cordialité
est un piège dans lequel il peut faire mal de tomber.
Attention danger: le toucher. Il ne faut pas
toucher. Très vite, cela s'appelle "sexual harassement".
C'est la politique du tout ou rien. Sans ambiguïté.
Si je touche la poignée de la porte, la maison m'appartient.
Une des plaintes les plus fréquentes de notre enquête
est justement le manque de toucher, de caresses que les
Françaises reprochent à leur maris américains.
Comme si c'était un sens qu'ils ne savaient, qu'ils
ne pouvaient, qu'ils ne voulaient pas utiliser.
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