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A l'âge
adulte, la concurrence se poursuit au lieu de travail: dans
les bureaux, les laboratoires, les ateliers. La plupart
des Américains s'efforcent de s'y mettre en valeur
et mesurent leur performance professionnelle par rapport
à celle de leurs collègues. Outre les promotions,
des prix, tels que ceux au "meilleur employé du mois"
ou "de l'année", encouragent l'émulation.
Chacun sait qu'il peut augmenter ses revenus rapidement
s'il fait preuve de talent et d'assiduité, ou bien
se retrouver a la me, encore plus rapidement, s'il n'est
pas productif. La concurrence est la loi du système
de la libre entreprise, lequel donne aux hommes la chance
de développer pleinement leurs dons naturels. Il
est, en grande partie, à l'origine de l'extraordinaire
prospérité de ce pays. Mais la fervente quête
de réussite à laquelle sont conditionnés
les Américains depuis l'enfance en a fait, en général,
des êtres dont l'affectivité est faible par
rapport à celle des Français. Leur sens de
leur identité étant intimement lie à
leurs accomplissements professionnels, ils donnent la priorité
à ceux-ci et négligent leurs relations personnelles.
Prisonniers d'un individualisme "héroïque",
ils luttent pour élever leur condition sociale et
pour s'enrichir mais ils ne savent pas partager leur coeur.
En conséquence, ils sont souvent terriblement seuls.
C'est un paradoxe de l'Amérique: ce même esprit
de concurrence qui contribue à l'enrichir matériellement,
l'appauvrit moralement..
L'individualisme
français, nous l'avons vu dans notre dernier article,
se conjugue, lui, d'un sens de la communauté, de
la cité. Les Français, en général,
s'épanouissent ensemble. La France a, elle aussi,
bien évidemment, un système de libre entreprise.
Mais, parce que l'État y joue un plus grand rôle
qu'ici et parce que les syndicats y sont plus puissants,
les employés y sont plus protégés dans
leur travail. Ceci reflète le fait que la France
soit, idéologiquement, plus a gauche que les USA.
L'instinct de concurrence y existe aussi, dans les écoles,
dans les universités, dans les entreprises, mais
il y est moins aigu qu'ici. Il n'y nuit pas à la
qualité des relations humaines comme ici.
Dans
cet article, et le precédent, j'ai tenté de
caractériser les Américains qui ont une certaine
éducation d'une manière générale.
Il va sans dire que, dans ce grand pays, il y en a beaucoup
qui ne partagent pas les traits collectifs que j'ai dépeint.
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