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13 avril 2009
Rappelons que, comme indiqué dans notre post original en date du 13 mars 2009 , c'est le différentiel de taux de croissance économique entre les USA et l'Europe qui est le principal déterminant de la parité du Dollar.
Une économie américaine croissant à un rythme supérieur à l'économie Européenne verra le dollar monter et inversement.
Les mouvements de capitaux liés au financement de la dette américaine jouent à un degré nettement moindre: tant que la part “externe” de financement de cette dette reste importante (en clair les achats d'obligations américaines et de bons du trésor par les investisseurs étrangers), le dollar restera soutenu.
A l'inverse, si le financement d'origine interne augmente, notamment si les investisseurs étrangers, boudent les achats de dette US, cela a un effet négatif sur la parité du dollar.
Que s'est il passé depuis notre dernier article?
1 - La part de financement interne de la dette américaine a sensiblement augmenté.
Les autorités monétaires américaines ont procédé à des achats très substantiels de bons du Trésor et d'obligations d'Etat US.
L'idée sous-jacente était d'enrayer la crise immobilière en diminuant les taux d'intérêt qui servent de référence à la fixation des taux d'intérêt des prêts immobiliers (les taux des obligations d'Etat a 10 ans) , en accroissant la demande de ces produits par rapport à l'offre
Par conséquent, cette surprise de la FED a fait baisser momentanément le dollar.
Mais comme cette action s'est stabilisée (la FED n'a pas augmenté ses achats), et que la demande étrangère d'obligations d'Etat US est toujours là, cela a eu un effet négligeable sur le cours du Dollar.
2 - La décélération de l'économie Européenne semble avoir été sous-estimée, pendant que des signes d'amélioration apparaissent aux Etats-Unis.
Depuis notre post (où nous estimions que la baisse du PIB serait d'au moins -1%), les chiffres de l'INSEE pour la France (-1.5% pour le PIB au 1er trimestre 2009) ont infirmé les prévisions de la banque de France qui avaient été faites en début d'année (-0.6% pour la même période).
En Allemagne, les prévisions de l'institut de conjoncture IFO, font état de perspectives très détériorées pour l'économie allemande, puisque le dernier chiffre fait état d'une décroissance d'environ 6% de l'économie allemande. Ce qui n'a jamais été vu depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
Pour donner un ordre de grandeur, les productions industrielles de la France et de l'Allemagne ont baissé respectivement de 17% et 20% sur un an, ce qui est énorme lorsque l'on considère que ces secteurs représentent à eux seuls 15% (France) et 20%( Allemagne) de l'économie.
A l'inverse, quelques signaux d'amélioration apparaissent aux Etats-Unis :
• Il ya quelques signes de stabilisation du marche immobilier. Le marché n'est plus désormais un puits sans fond où les prix chutent vertigineusement mais un marché qui recommence à fonctionner un peu plus rationnellement.
La demande de logements se met à re-augmenter apparemment ce qui est un bon signe.
Le stock de logements invendus (foreclosure) reste très élevé, et pèse encore sur les prix et on peut s'attendre, certes, à une poursuite du mouvement de baisse des prix (à un rythme plus modéré ?).
Cependant, le marché ne semble plus complètement gouverné par la panique.
• Les ventes de détail et la consommation des ménages semblent mieux résister.
• Les marchés financiers se stabilisent
Au total, le portrait comparé de l'économie US par rapport à l'économie européenne, illustre l'idée selon laquelle, la réponse des autorités américaines à la crise financière a été plus massive et plus appropriée que la réponse faite par les divers pays d'Europe.
Bien que l'économie américaine ait été touchée en premier et plus massivement que l'économie Européenne, les mesures prises par les autorités US conduiraient ainsi au final à une croissance plus forte aux Etats Unis qu'en Europe sur les prochains mois.
Ces signaux doivent être suivis d'autres indicateurs plus favorables, pour confirmer cette stabilisation.
Ceci étant, un tel scénario de stabilisation de l'économie US alors que l'économie Européenne continue de se détériorer est favorable au dollar.
En conclusion, le dollar devrait rester entre 1.25 et 1.35, jusqu'à ce que le rebond de la croissance aux US se confirme.
Dans cette hypothèse, et au cas ou plusieurs indicateurs successifs, viendraient le confirmer, il est alors possible, que le Dollar progresse et sorte de cette plage de variation pour aller vers des niveaux de parité EUR/USD de l'ordre de 1.15/1.2.
On n'est donc toujours pas dans un scénario de baisse du dollar mais au contraire d'un aléa possible a la hausse de ce dernier.
A bientôt
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